Les Irlandais votent "oui" au traité de Lisbonne.

Publié le par Mr Tribouilloy

Ce week-end s'est déroulé un scrutin qui a largement retenu l'attention dans toute l'Union Européenne : les Irlandais étaient pour la seconde fois appelés aux urnes pour ratifier le traité de Lisbonne visant à renover les institutions européenne. Après une campagne passionnée dans les deux camps, le "oui" l'a remporté d'un massif 67,13%

Ce traité de Lisbonne fait suite à un premier projet de traité constitutionnel réfusé par referendum par les français et les néerlandais en 2005. Ce nouveau traité "simplifié" a été rédigé en 2007 pour présenter un nouveau projet de reforme des institutions européennes qui ont de plus en plus de mal à fonctionner à 27.

Il y a 15 mois, lors d'un premier reférendum, 53,4% des irlandais avaient voté "non", bloquant dans le même temps tout le processus européen.

A l'époque l'Irlande en plein boum économique craignait de voir sa faible fiscalité avantageuse pour attirer les entreprises étrangères remise en cause par l'U.E. au nom de la concurrence. Depuis, la crise économique a frappé durement le "tigre celtique" qui a vu ses banques faire faillite et son chômage s'envoler. la solidarité européenne a joué pour renflouer les caisses de l'île, faisant changer d'avis un certain nombre d'Irlandais d'abord hostiles au traité. Le nouveau gouvernement irlandais, plutôt favorable au projet, a lancé un nouveau referendum. Mais avant, elle a négocié le maintien de quelques spécificités irlandaises comme l'interdiction de l'avortement, la neutralité militaire et un faible taux d'imposition.

Mais qu'est ce que ce traité de Lisbonne qui entend réformer les mécanismes de l'Union.

Le traité dans son ensemble

Un résumé de ce que contient ce traité de Lisbonne

Ce traité est loin d'être parfait et il ne resoudra pas tous les problèmes de l'Union Européenne. S'il fallait aller à l'essentiel, le principal avantage du traité de Lisbonne est de clarifier le rôle des différentes institutions au sein de l'Union Européenne, en renforçant le rôle du parlement, qui est démocratiquement élu, face à la commission. De même il répartit plus clairement les rôles et les compétences entre les états et l'Europe, introduisant au passage la possibilité pour les citoyens européens de présenter une proposition de loi s'ils réunissent un million de signatures.

Les votes internes sont simplifiés notamment pour éviter qu'un seul pays ne bloque tout le processus : La double majorité est étendue à tous les votes. Pour qu'une décision passe, il faut une majorité de 55 % des états membres réunissant au moins 65 % de la population de l'Union.




Le traité de Lisbonne permet la création de poste de président du Conseil européen élu pour un mandat de deux ans et demi et d'un haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères (Des postes qui hélas ne seront pas élu directement par le peuple mais par les chefs d'états).

De plus le traité amplifie les solidarités européennes dans les domaines des catastrophes ou de la justice, de même, il met l'accent sur le respect des libertés. Des personnes mais aussi du commerce.

Ses détracteurs restent nombreux
et ne dénoncent pas forcément les mêmes aspects de ce traité.

Pour le courant que l'on appelle souverainiste, la méfiance vient d'une trop grande puissance des institutions européennes face aux gouvernements de chaque pays. Ils refusent ce qu'ils dénoncent comme une sorte de gouvernement européen lointain et tentaculaire et, s'ils ne sont pas tous opposés à l'existence d'une alliance ou d'un marché européen, considèrent que seuls les états sont légitimes pour prendre des décisions politiques et édicter des lois.

Plus à gauche, on trouve des mouvements qui s'inquiètent du caractère trop libéral de ce traité. Pour eux, le traité de Lisbonne ne serait qu'un moyen de permettre le recul des droits sociaux, la fin des services publics et de permettre de délocaliser plus facilement les entreprises au nom de la liberté du commerce.

De toute façon le traité est encore loin d'être appliqué, il faut qu'il passe par la ratification en Tchéquie où les libéraux souverainistes au pouvoir ne voient pas d'un bon oeil l'idée de renforcer les pouvoir de l'Europe puis en Grande Bretagne où les conservateurs traditionnellement méfiants envers l'Europe sont sur le point de reprendre la majorité au parlement.

En France, contrairement à l'Irlande, nous n'auront pas d'élections. Echaudé par le "non" des électeurs au projet de traité constitutionnel de 2004, le président Sarkozy, qui fut un des initiateurs de ce traité de Lisbonne préfére se passer du consentement des français et passer par une ratification parlementaire beaucoup moins risquée.

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